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Sélection

The Wine Chain

Nous avons réalisé la plus grande chaine de vin au Monde : une wine chain de 78600 Kilomètres. Nous sommes partis avec une bouteille de vin du premier vigneron visité, cette bouteille a été partagé avec le second vigneron, qui lui même nous a offert une seconde bouteille à partager avec le troisième vigneron, etc.

Pour retrouver l'article cliquer sur le nom du domaine et en cliquant ici pour avoir le trajet sur la carte du monde.
Les Arpents du Soleil le 18/07/2019 à Saint Pierre Sur dives (14), Normandie, France 
Le Château Vermont le 29/07/2019 à Targon (33), Bordeaux, FranceLes Vins Pierre Rougon le 01/08/2019 à Baumes de Venise (84), Vallée du Rhône, FranceLe Vignoble Cascina Ballarin le 03/08/2019, à La Morra, Piémont, ItalieLe domaine Palazzona Di Maggio le 14/08/2019 à Ozzano dell Emilia, Bologne, ItalieL'Azienda Agricole de Salvatore Magnoni, le 22/08/2019 à Rutino, Salerne, ItalieLa Kantina Kallmeti, le 26/08/2019 à Kallmet, Lezhë, AlbanieKokino Winery, le 02/09/2019 …

Kantina Arbëri


Après une bonne nuit de repos entre rivière et montagnes près de Rrëshen. Nous prenons la route vers la région de Mirditë où nous avons rendez-vous avec un vigneron à 13h00.

Arrivée à l’adresse indiquée, la cave Arbëri est masqué par un grand bâtiment longeant la route. Le bâtiment porte l’enseigne de la cave, mais aucune cuve ou un quelconque outil de production ne laisse présager que nous sommes au bon endroit.
Nous entrons dans ce premier bâtiment, qui ressemble fortement à un lieu administratif avec une quinzaine de grands bureaux par étage. Nous frappons à plusieurs portes mais nous devons nous rendre à l’évidence, l’endroit est vide.


Nous redescendons dans la cours.
Un garde semble contrôler l’entrée sur plusieurs hangars.
Nous nous adressons en anglais au vigile. C’est peine perdu, nous n’arrivons pas à communiquer. 
Il prend son téléphone, échange quelques mots avec son interlocuteur, puis nous adresse un pouce de confirmation.
Quelques mots en Albanais accompagnent ses gestes nous indiquant que notre rendez-vous arrivera dans 5 minutes, et que nous pouvons rentrer le véhicule dans l’enceinte.

A peine garé, le vigneron, Rigers Kaçorri, nous rejoint grand sourire.
Il nous fait parcourir quelques mètres, et nous nous trouvons à l’entrée de la cave.

Après nous être abrités du soleil, il nous pose plusieurs questions sur le but de cette rencontre. Nous lui détaillons ce que nous avions précisé dans le mail, mais cela reste confus pour notre interlocuteur.
Habitué à recevoir des hommes d’état, des clients ou des journalistes, nous ne rentrions dans aucune des cases. Il nous compare même aux journalistes de « wine explorer » ce qui est plutôt flatteur. Enfin quand il nous demande si ce voyage personnel a un but autre que le plaisir, il a été contraint de créer une case « hurluberlus » pour nous catégoriser…

Quoiqu’il en soit, les présentations faites nous commençons la visite des lieux.


Le premier hangar abrite d’immenses cuves de fermentation et de stockage. A la vue de la capacité des lieux nous sommes face à un producteur important.
La cave produit 110000 bouteilles par an. C’est le premier employeur de la région, sans compter les emplois indirects.
Il possède 25 hectares en propre et achète des raisins à plus de 50 agriculteurs aux alentours.
La cave est le 1er exportateur de vin du pays (20% de la production), le reste étant vendu dans des restaurants et caves des Balkans. Elle expédie des bouteilles en Chine, en Europe du Nord et sur le marché américain. 
Pendant que nous discutons, les employés s’activent à nettoyer les cuves et la cave pour accueillir la prochaine vendange.
Les premières grappes seront cueillies samedi. Et à partir de ce jour, les locaux seront actifs 24h/24h pendant 3 mois.

Nous marchons ensuite vers un second hangar, plus modeste mais assez important tout de même. Ce lieu n’est dédié qu’à la production du Raki.


Pour la production du Raki, les grappes sont stockées entièrement, sans être pressées avant la mise en cuve et y sont stockées une quinzaine de jours. Le poids naturel des grappes et les lois de la nature font que sans intervention humaine, les tonnes de raisins accumulées produisent malgré tout du moût qui fermente grâce à la chaleur ambiante et aux levures naturellement présentes sur le fruit (la pruine).

Au bout de 15 jours, les grappes sont transvasées dans une autre cuve qui surplombe un four à bois.
Cette cuve est chauffée 24h d’un feu constamment alimenté. La cuve étant reliée à un autre réservoir permettant de récolter le Raki par distillation.
Ce procédé est assez unique puisque les distillations par alambic sont effectuées soit à partir des marcs (peaux et pépins des raisins résiduels après la presse) soit à partir d’un jus déjà fermenté. Rarement le fruit entier est utilisé pour obtenir de l’alcool.
Le Raki obtenu est cristallin. La première moitié est embouteillée quand la seconde moitié part vieillir en fût une année ou deux pour obtenir une couleur dorée voire ambrée.
D’après Rigers, le Raki est destiné à un bel avenir dans les prochaines années, véritable identité nationale il devrait prendre des parts de marché aux vodkas et autres alcools forts importés.
Si le marché suit les tendances françaises c’est un mauvais pari, mais après tout la culture et les ambitions des Albanais sont très différentes de la consommation en hexagone.

Pour le vin par exemple, l’Albanais moyen boit entre 4 et 5 litres par an, soit 10 fois moins que la moyenne Française… Les chiffres étant tellement différent que nous lui avons fait répéter plusieurs fois. Seulement 4 litres par an : comment ferions-nous ?!?


Nous prenons ensuite la direction de la cave de vieillissement. Elle est située 10 mètres sous terre, sous l’entrepôt des commandes prêtes à partir.
La cave est somptueuse, son immensité, ses voûtes de pierre et les mosaïques au sol mettent en valeur les 250 barriques qui dorment ici dont 4 immenses cuves en ellipse de 25 hectolitres chacunes. Les tonneaux, très onéreux, sont des secondes mains achetées en Languedoc ou en Italie. Un fût déjà utilisé pour 3 ou 4 millésime offrira moins de notes vanillées et torréfiées aux vins.
La fraîcheur naturelle des lieux contraste avec la chaleur extérieure.
Ébahis devant tant de splendeur nous lui demandons quand la cave avait été conçue et si c’était sa destination première lors de la construction.


Le vigneron nous explique alors que cette cave fonctionnait déjà pendant le régime communiste, c’était l’une des caves du parti destiné à alimenter l’élite et les proches du gouvernement. A l’époque son père travaillait déjà dans cette cave nationale.
A la fin de l’état soviétique, son père décide de la reprendre à son compte en 1992 et développer une activité commerciale. Si son père savait produire du vin en quantité il fallait désormais produire de la qualité et de découvrir les rudiments du capitalisme.

Il semble qu’il se soit bien adapté puisqu’aujourd’hui la cave Arberï est l’une -sinon la- cave la plus importante du pays. La cave est régulièrement choisie pour représenter l’Albanie dans les foires internationales comme Vinexpo ou Prowine. L’une de leurs bouteilles est même présente à la cave de la cité du vin de Bordeaux. Pour les curieux, cette cave est visible gratuitement à la cité du vin, à Bordeaux et présente, en plus des plus beaux flacons français, un panel incroyable de tous les pays producteurs de vin. 



Au delà de représenter le pays dans les événements viticoles, Arberï affiche clairement son identité et son attachement à sa région. Le logo présent sur les bouteilles n’est autre que le blason de la région de Mirditë, et Arberï est le nom que l’Albanie portait au XIV ème siècle.

La fierté de la région est même un crédo de la cave: les vins (actuels et futurs) ne sont fait qu’à partir de cépage de la région : le kallmet, le Shesh i bardhe et le shesh i zi. 
Curieux d’avoir pourtant vu une inscription « merlot » sur un carton, Rigers se défend en expliquant que c’est un merlot originaire de la région de Mirditë.

Nous goûtons alors un rouge de sa production. Un 100% kallmet histoire de comparer les saveurs avec le vin que nous avons découvert hier à la Kantina Kallmeti.
Le vin ne présente pas les mêmes arômes.
Le terroir y étant pour beaucoup, en effet les sols d’ici arborent des nuances dorées voire tuilées. Les montagnes que nous avons croisé ont l’air d’être constituées de schistes noires. L’altitude est plus élevée, de 280 à 600 m, et nous sommes beaucoup plus éloignés de la mer, quand la cave Kallmeti en était très proche.

Dans le verre, on trouve un vin facile à boire (12,5 degrés), le nez est assez peu expressif et en bouche le vin tarde à se révéler sur des notes de fruits noires et d’épices chaudes. Cela ne nous empêchera pas de prendre un deuxième verre.
C’est le seul vin que nous goûterons, avec un petit verre de Raki, fierté de l’établissement. Si nous avions une préférence pour le vin de la veille, le raki était plus savoureux et plus complexe dans la présente cave.

Rigers est à la fois l’œnologue et le vigneron de la cave. Il a fait ses études à Tirana, la capitale Albanaise, dans un lycée agricole avec une spécialité viticole. Ce qui lui permet de ne pas louer de prestations de divers conseillers. Il lui arrive parfois, comme beaucoup de vigneron, de passer quelques appels amicaux à des anciens professeurs ou d’autres homologues pour échanger sur les bonnes pratiques ou les problématiques ponctuelles.


Avant de repartir, Rigers nous propose de nous prendre en photo dans la cave. Peut-être figurerons-nous parmi les nombreux cadres affichés sur les murs de la cave. Parmi ces clichés, de nombreuses personnalités politiques d’Albanie, des journalistes, dont l’équipe de Wine explorer, et le Pape…

En repartant, nous croisons son père, fondateur de l’actuelle cave. Rigers nous salue une dernière fois avant de revenir nous offrir un coffret de deux bouteilles, dont une 100% Shesh i bardhe que nous testerons prochainement.
Merci Rigers pour cet accueil chaleureux et bon courage pour les trois mois à venir…


Commentaires

  1. Coucou à tous les deux
    Superbe. En plus je complète avec « Google earth » .
    Çà devient vraiment passionnant
    Bonne continuation

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