Accéder au contenu principal

Sélection

The Wine Chain

Nous avons réalisé la plus grande chaine de vin au Monde : une wine chain de 78600 Kilomètres. Nous sommes partis avec une bouteille de vin du premier vigneron visité, cette bouteille a été partagé avec le second vigneron, qui lui même nous a offert une seconde bouteille à partager avec le troisième vigneron, etc.

Pour retrouver l'article cliquer sur le nom du domaine et en cliquant ici pour avoir le trajet sur la carte du monde.
Les Arpents du Soleil le 18/07/2019 à Saint Pierre Sur dives (14), Normandie, France 
Le Château Vermont le 29/07/2019 à Targon (33), Bordeaux, FranceLes Vins Pierre Rougon le 01/08/2019 à Baumes de Venise (84), Vallée du Rhône, FranceLe Vignoble Cascina Ballarin le 03/08/2019, à La Morra, Piémont, ItalieLe domaine Palazzona Di Maggio le 14/08/2019 à Ozzano dell Emilia, Bologne, ItalieL'Azienda Agricole de Salvatore Magnoni, le 22/08/2019 à Rutino, Salerne, ItalieLa Kantina Kallmeti, le 26/08/2019 à Kallmet, Lezhë, AlbanieKokino Winery, le 02/09/2019 …

Découverte de la Nouvelle-Zélande et de ses vins - Partie 1



Nous avons commencé notre découverte de la Nouvelle-Zélande par l’île du Sud.

Nous avions prévu quelques rencontres sur le mythique vignoble de Marlborough, mais notre périple nous emmena d’abord dans l’Otago, région viticole la plus au sud du pays. Donc la région la plus fraîche du continent... Elle est notamment réputée pour ses Pinots Noirs, dont les vins de l’Œnologue Grant Taylor ont été reconnus quatre fois meilleur Pinot Noir du monde, et ce dans deux caves différentes.
Comme quoi, avec deux terroirs différents, ce génie du vin a su redorer le blason de la région.

La Nouvelle-Zélande comporte plusieurs régions viticoles reconnues, mais la législation locale autorise les vignerons à acheter des raisins d’autres régions tout en revendiquant les deux origines.

Ainsi, un vigneron d’où qu’il soit pourra produire du Marlborough et même indiquer une double provenance, comme "vin de central Otago et Marlborough". L’important étant le lieu de provenance du raisin.

Certaines bouteilles revendiquent même une double nationalité : des vins Australo-Néo-Zélandais ! Des premiers prix la plupart du temps…


Sur la route, nous croiserons plusieurs «cellar door » sans apercevoir la moindre vigne aux alentours.

Autre réflexion générale sur les vins Néo-zélandais : ils sont très chers !

En effet, les « premiers prix » frôlent souvent les 9 dollars (5,25€), en majorité ces vins viennent d’Australie. Les prix montent en flèche vers une valeur moyenne de 25 dollars (14,50€), dans les rayons des grandes surfaces et des « liquor shops » (magasins d’alcool).

Chose à noter, c’est que contrairement à son pays voisin - l’Australie - en Nouvelle-Zélande il possible d’acheter du vin  et de la bière  dans les grandes surfaces et pas uniquement dans les liquor shops.

Pour revenir sur la politique tarifaire , un sommelier expatrié relativise cette notion de prix élevé : «C’est vrai que les premiers prix sont chers, mais les bouteilles les plus chères dépassent très rarement les 90 dollars (52,30€). En France, notamment si l’on reste sur un Pinot Noir, certaines appellations Bourguignonnes dépassent allègrement ce montant ! »
A noter que le pouvoir d’achat est plutôt élevé en Nouvelle-Zélande, ce qui explique en partie le coût de la vie, et du vin…


Mais revenons sur la région de Central Otago. Elle est située dans une région montagneuse. Ses paysages sont constitués de plusieurs vallées et elle est entourée de trois lacs. Il y a le lac Wakatipu au Sud-ouest, le lac Wanaka au Nord et le lac Dunstan à l’est. La région est ensuite divisée en 6 sous-régions aux terroirs différents.

Elle bénéficie de l’attrait touristique de Queenstown, jolie ville balnéaire entre le lac et la montagne. D’autres villes à proximité - à l’instar d'Arrowtown - attirent les touristes avec leurs histoires d’anciens eldorados des orpailleurs. Un pan de l'histoire qui à fortement marquée la région et la démographie de la Nouvelle-Zélande.

Des hameaux, qui en quelques années devenaient d’immenses villes, et disparaissaient aussi vite quand les filons de ce métal doré étaient entièrement exploités, laissant derrières des vestiges industriels et des villes fantômes.

C’est grâce à cette explosion démographique soudaine que la région a vu apparaître ses premières vignes. Il fallait non seulement fournir le vin de messe des hommes de foi, mais étancher la soif des chercheurs d’or.
Il n’est pas improbable que les transactions s’effectuassent en pépites jaunes et brillantes...

C’est un Français - cocorico - Jean Désire Feraud qui planta les premières vignes en 1864 à Clyde, tout près de l’actuelle ville d’Alexandra.

Aujourd’hui la région s’étend sur 2000 hectares, soit 5% du vignoble néo-zélandais. L’encépagement est dominé par le Pinot noir (74%) et le Pinot Gris (12%). On y trouve également et en moindre mesure du Riesling, du Sauvignon Blanc, du Chardonnay ou du Gewurztraminer.

Vue sur Chard Farm

Dès la fin du XIX ème siècle, les chercheurs d’or quittèrent la Central Otago, faisant écrouler démographiquement et économiquement toute la région.

Bien que la topographie et le climat soit adaptés à la production viticole, il n’y avait aucun intérêt économique à produire du vin en central Otago : la longue route vers le nord où vers les côtes, pour y trouver des clients potentiels augmentait les coûts et réduisait la qualité du vin.

Il faudra attendre la fin des années 1950 pour que les habitants y replantent quelques rangs expérimentaux; puis les années 70 pour que les premières plantations "commerciales" voient le jour et fassent renaître le vignoble. Les années 2000 seront synonymes de regain de notoriété et de crédibilité. C’est notamment le winemaker Grant Taylor qui sera élu à quatre reprise meilleur pinot noir du monde (détrônant au passage les indéboulonnables bourguignons), et qui apportera les titres de noblesse à la région.

Notre passage en Otago fut l’occasion pour se ressourcer par une visite de Queenstown et deux nuits dans un parc naturel au bord d’une rivière. Entre ces deux points, séparés d’une trentaine de Kilomètres : la Gibbston Highway et ses nombreuses caves. L’occasion de s’arrêter dans trois d’entre elle à l’esprit et au style différent. Barbara préfèrera se ressourcer en pleine nature ; quant à moi, je n’allais pas laisser ces caves sans nous révéler quelques secrets !


Le premier arrêt s’est fait davantage par un coup de cœur visuel. En effet, Charb Farm bénéficie d'un emplacement magnifique de l’autre côté de la rivière. Hélas la route qui suit le cours d’eau n'offre aucun espace pour admirer le panorama.

Pour se rendre sur le domaine, il faut cependant avoir le cœur accroché:
La route de gravier qui permet d’y accéder, est un chemin de deux kilomètres, large de 5-6 mètres  à peine, et à flanc de montagne. Certains endroits ne permettent pas le passage simultané de deux véhicules. Mais au bout du chemin : la récompense de la dégustation.

A gauche, la Chard Farm, à droite la Gibbston Highway, séparées par les eaux de fougueuses de Wanakau

L’histoire du domaine est comparable à celle des vignobles de Wanaka dans les années 70-80. Les premiers vignerons y sont assimilés à des fous plutôt qu'à des entrepreneurs. Le propriétaire, Rob Hay faisait parti de cette bande d’audacieux.
Le domaine tient son nom du premier pionnier à avoir planté des arbres fruitiers sur ces terres en 1862 (un verger) l’anglais Richard Chard.

Après un rapide tour du propriétaire, je découvre que le site est élu quatrième plus beau vignoble du monde. C'est vrai que le panorama est somptueux.

Côté dégustation, on attaque par une série de blancs :

Un chardonnay « close burn » 2018 :
Le nez est minéral et fruité, un fruit jaune (pêche blanche) discret mais distinctif.
En bouche, la pêche s’additionne avec des parfums de fleurs rouges (coquelicots). Le vin est chaud (14 degrés) et sa texture est veloutée.

Un pinot gris, 2018 sur lie :
Le nez est peu expressif, on perçoit malgré tout de la poire. La bouche en revanche est explosive de fruits (figue et poire) et de fleurs blanches.
L’élevage sur lie apporte un gras délicat, et le millésime est encore chaud (14 degrés).

Le Riesling 2018 :
Le nez pétroleux dénonce le cépage. L’œnologue, contrairement aux deux vins précédents a favorisé le sucre résiduel à l’alcool (12,5 degrés). L’équilibre entre l’acidité et le sucre est réussi, le fruit est gourmand on y perçoit de l’abricot mûr, du miel et des épices chaudes.


Pour la dégustation des rouges, tous 100% pinot noir.

« River run » 2018 :
Sa couleur est rouge claire, aux reflets pastels.
Le nez est expressif, sur des fruits rouges (cerises) mûrs. En bouche les parfums sont exacerbés. Aux cerises mûres, s’ajoutent de la violette enivrante et des épices chaudes (poivre). Malgré une bonne buvabilité, il est difficile d’imaginer un accord mets et vins tant les parfums sont expressifs.


« Finla mor » 2018 :
Le vin est issu du terroir de Cromwell. Le nez est flatteur et la bouche discrète. Des notes de fruits noirs et de prunes sont accompagnées d’épices poivrées. La vanille du bois est douce et apporte un beau velours au vin.

« Mata-au » 2018 :
Également issu des parcelles de Cromwell, le vin présente un profil très différent. Les notes sont plus florales (herbacées) que fruitées. Le vin offre des tanins fins et une belle longueur.

« Mason » 2017 :
Le seul vin du millésime précédent, le climat plus frais lui confère un profil davantage bourguignon.
Les notes sont minérales, le fruit est délicat (prune et cerise) et il est ponctué de quelques épices (poivre noir). La longueur est persistante et pleine de finesse.

La dégustation dans son ensemble est marquée par la chaleur du millésime 2018. Une année très chaude et ensoleillée qui confère une puissance alcoolique ou un sucre résiduel apportant une lourdeur au vin. Pas la meilleure année pour découvrir le pinot noir de la région.

Je reprends le van en direction de la prochaine cave...

Commentaires